par Étienne Godinot, Gandhi International
> Churchill disait « Si vous ne voulez pas prendre le changement par la main, c’est lui qui vous prendra par la gorge ». Il a déjà commencé à la faire : nos sociétés ne vont pas dans le mur, elles sont déjà dans le mur…
> Crise financière : Certains disent qu’elle n’est pas terminée, d’autres disent qu’elle ne fait que commencer…
> Crise économique
> Crise écologique
> Crise alimentaire
> Menace nucléaire : Voici un petit filet du quotidien Le Monde daté du vendredi 29 octobre que j’ai lu dans le train en venant à Nancy : « Un responsable du Pentagone a révélé, mercredi 27 octobre, que l’armée américaine avait perdu le contact, pendant 45 minutes, le samedi 23 octobre, avec 50 missiles nucléaires balistiques intercontinentaux d’une portée de 5 500 km, une des armes les plus puissantes du monde. Une panne informatique est à l’origine de cet incident ». C’est vraiment hallucinant ! Imaginez le dialogue : Didier dit : « J’ai perdu mon porte-monnaie ». Monsieur Pentagone répond : « Moi, j’ai perdu le contrôle de 50 missiles thermonucléaires » !
> Déficit de sens.
> L’injonction de Patrick Viveret, est « Sortons du mur ! » puisque nous y sommes rentrés. Vous le trouverez sur Internet.
> Le changement doit être tridimensionnel :
> la transformation personnelle - ou l’intériorité citoyenne, comme dit Thomas d’Anzembourg. Les savoirs et les savoir-faire doivent être liés à un savoir-être, c’est-à-dire un savoir-vivre-ensemble et un savoir-mourir.
> l’évolution de l’état d’esprit et de la qualité des relations humaines dans les lieux de vie et de travail.
> le changement sociétal, avec toutes ses dimensions : économique, sociale, écologique, politique, éthique et spirituelle.
> La non-violence réconcilie la morale et l’efficacité politique. Elle s’attaque aux systèmes et aux idéologies et non aux individus. Elle n’exclut ni l’épreuve de force, ni la contrainte, ni l’action illégale mais légitime au service de l’amélioration de la loi. Elle agit dans le respect de l’adversaire avec une visée de justice et de réconciliation, avec gravité, mais aussi avec humour et avec joie.
> La marche non-violente Jansatyagraha sera une action forte pour la justice. Elle sera organisée en Inde d’octobre 2011 à octobre 2012 par le mouvement Ekta Parishad, et elle rassemblera, dans sa dernière étape en septembre-octobre 2012, 100 000 pauvres, exclus, sans droit, sans toit, sans terre, tribaux et Intouchables. Ekta Parishad forme actuellement 6 000 jeunes leaders qui vont faire de la mobilisation dans les villages et encadrer les marches.
> Nous sommes nombreux à penser que cette marche indienne est une opportunité historique de mettre en lumière les questions vitales auxquelles est confrontée la plus grande partie de l’humanité : accès des populations locales aux ressources naturelles, souveraineté alimentaire, place des plus démunis dans nos sociétés, rôle des femmes, mais aussi démocratie participative, responsabilités des sociétés multinationales et du système économique et financier international, choix d’un modèle de développement durable et équitable pour tous.
> Les citoyens et les organisations de la société civile qui soutiendront cette marche revendiqueront le droit d’accès des populations locales aux ressources naturelles (terre, eau, semences, forêts, etc.), ce qui implique le respect de la législation existante, son renforcement et la mise en place d’instances de régulation et de contrôle.
> De même, le droit à la souveraineté alimentaire doit être reconnu par les instances internationales.) comme supérieur aux droits du commerce et de l’investissement international (ONU, FAO, OMC, Union européenne, OCDE, G 20, Banque mondiale, etc.). Nous avons de très bons contacts avec Olivier de Schutter, rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation, qui nous soutiendra.
> Sur tous les continents, nous appelons en 2012 à des actions non-violentes simultanées et concertées (marches, sit-in, chaînes humaines, heures de silence, manifestations sportives, etc.) en lien avec la marche indienne pour la justice. Le point d’orgue se situera entre le 2 octobre (journée internationale de la non-violence) et le 17 octobre (journée internationale de lutte contre la misère).
> La marche à pied est une action forte car elle est le symbole d’une dynamique, de l’homme debout et qui avance avec détermination, elle engage le corps et l’esprit, elle s’inscrit dans la durée, elle crée des liens, elle interpelle fortement les spectateurs, la presse, les décideurs.
> En France, une marche Le Croisic-Paris arrivera sur le parvis du Trocadéro le 17 octobre 2012, une marche aura lieu à Toulouse et peut-être Toulouse-Paris, des actions auront lieu à Lyon, à Carcassonne et ailleurs. D’autres marches sont à envisager, nous en parlerons le prochain week-end à Cologne avec nos amis d’Ekta Europe. Par exemple Zürich-Genève (en passant par Davos), Cologne-Berlin, Bruxelles-Amsterdam, Barcelone-Madrid. Des marches ou autres types d’action auront lieu en Amérique Nord, du Sud, en Afrique.
> Comme le dit Rajagopal, le fondateur d’Ekta Parishad, il faut transformer le Forum Social Mondial en une campagne d’action non-violente mondiale.>
Pour cela, nous devons rassembler les associations de solidarité internationale et altermondialistes (CCFD, ATTAC, Peuples solidaires, CRID, etc.) les associations écologistes, notamment d’agriculture biologique (Amis de la Terre, Colibris, etc.) les associations de défense des droits humains (Amnesty International, ATD Quart Monde, etc.) et les associations d’action non-violente (MAN, Arche, etc.)
Le réseau RÉcit est au carrefour de ces 4 familles, je suis heureux qu’il contribue à cette mobilisation internationale. Ensuite, ces associations pourront attirer dans la mobilisation les organisations les syndicats et les organisations professionnelles, notamment paysannes (Via Campesina), les Églises, les associations interculturelles, etc.
> Les grosses asso. (comme CCFD, Peuples So, CRID) nous disent : « C’est un super-projet, on vous soutiendra, mais la demande doit émaner de groupes locaux ». Je vous lance donc un appel : si ce projet vous paraît juste, nécessaire, interpellez les asso. locales et vos mouvements pour leur demander de s’y impliquer, invitez-nous à des réunions d’information et de mobilisation à travers la France.
> Je laisse conclure Margareth Mead, une des anthropologues les plus célèbres du XXème siècle : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même la seule chose qui se soit jamais produite ».